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Un
corps de doctrine a été élaboré depuis une quinzaine d'années
environ, se traduisant par une ambition politique importante affichée
qui se poursuit toujours.
Actuellement,
il existe un décalage important entre l'ambition affichée du Grand
Lyon (Vélo'v, part modale des vélos à 5%, zone 30 la plus
importante d'Europe, chartes du piéton, pour l'accessibilité,
pour le développement de l'usage du vélo, charte de la
participation, nouveau quartier du Confluent prioritaire aux modes
doux, Berges de la Saône, ...) et la réalité vécue sur le
terrain, les pratiques, les habitudes et les aménagements de
voirie ou des espaces publics.
Des
déceptions et un manque de visibilité sur ce 2° mandat
(2008/2014), le 1er ayant été porté par le succès de Vélo'v qui
plafonne aujourd'hui et l'aménagement des Berges du Rhône.
1/
La volonté politique du Grand Lyon s'est portée essentiellement
sur des projets-phares plutôt réussis sur le 1er
mandat (2001/08) : aménagement des Berges du Rhône et systéme
Vélo'v.
Il
y a eu aussi la création de Pignon sur rue, l'aménagement de 2
pistes cyclables à la Part-Dieu et sur le quai Pierre Scize, ainsi
que le long de la ligne de tramway LEA (de la gare de la Part-Dieu à
Meyzieu).
Pas
grand'chose pour les piétons : les places au-dessus des
parkings souterrains à St-Georges, au Gros Caillou à la
Croix-Rousse, Lazare Goujon dans le centre de Villeurbanne,... et la
zone 30 du centre-ville de Lyon, plus quelques avancées de trottoir
aux carrefours.
Ce
2° mandat (2008/14) portera sur le nouveau quartier du Confluent à
Perrache, dédié aux modes doux, et à l'aménagement des berges
de la Saône. De grands projets d'urbanisme sont en cours : le
Carré de Soie à Villeurbanne/Vaulx-en-Velin, la caserne Sergent
Blandan dans le 3°, ... ainsi que des pistes cyclables et des
aménagements piétonniers le long des nouvelles lignes de tramway :
T4 de Lyon à Vénissieux/Feyzin (inaugurée en Avril 2009), du
Confluent à Gerland,... et sous le 2° tube à créer pour le tunnel
de la Croix-Rousse, dédié aux TC et aux modes doux.
Des
passerelles piétonnes sont également prévues sur le Rhône à
Gerland et à la Cité internationale.
2/
La révision du Plan des Modes Doux du Grand Lyon affiche une volonté
de passer la part modale du vélo de 2% environ à 5% « en
moyenne », mais le remonte-pentes (vélo + piétons) de la
Croix-Rousse est actuellement abandonné pour des raisons
budgétaires, de même que d'autres nouveaux aménagements (rue
Garibaldi,...) sont reportés. Les études portent actuellement sur
les double-sens cyclables sur Lyon et surtout Villeurbanne dont
l'application doit être réalisée pour 2010, grâce au nouveau
décret de juillet 2008 : plusieurs hypothèses existent selon
la largeur des voies mais la proposition actuelle du nouveau plan est
la plus basse (3,50m de largeur au minimum), et le vote des élus est
annoncé pour Juillet 2009.
Les
projets de zones de rencontres sont laissés à l'initiative des
maires d'arrondissement et des communes du Grand Lyon (places de la
Croix-Rousse dans le 4°, du Transvaal dans le 8°, ZAC des Maisons
Neuves ou rue Henri Barbusse à Villeurbanne,...) et nous n'avons
pas encore de vue d'ensemble. Actuellement, il existe très peu de
propositions.
3/
La critique des associations porte sur le manque de volonté et de
lisibilité globale de cette politique : zone 30 de Lyon dont la
municipalité se satisfait comme étant la plus grande d'Europe
mais sans véritable contenu ni perspective ou ambition affichée,
réseau cyclable toujours en voie de réalisation par petits
tronçons, traitement insuffisant des « points noirs » ou
dangereux, priorité donnée au stationnement automobile malgré
l'existence de nombreux parkings souterrains (dont le taux de
remplissage est largement insuffisant, autour de 50%) gérés par
Lyon Parc-Auto.
De
nombreux projets de parkings continuent d'ailleurs à se réaliser
(gare de la Part-Dieu, ...).
Il
y a un décalage entre l'ambition affichée par le PDU de Lyon
adopté en 2005, l'objectif de part modale du vélo à 5%, la
charte Piétons, les campagnes de communication institutionnelle et
la réalité vécue sur le terrain où les associations se heurtent
souvent à un mur d'inertie et de choix techniques incohérents
(comme le traitement dangereux des passages piétons dans le 2°,
l'oubli des handicapés sur les berges du Rhône,...).
Le
piéton et le cycliste sont considérés comme mineurs face aux
acteurs économiques, aux techniciens et à de nombreux élus
d'arrondissement : il faut toujours prouver leur utilité et
leur rôle dans la cité.
Pourtant,
l'accidentologie piétons est toujours médiocre sur
l'agglomération lyonnaise et les pouvoirs publics sont dépassés
par les périodes de pollution de l'air (la dernière a duré une
dizaine de jours en Janvier), malgré les PPA et PRQA et autres
mesures institutionnelles.
Cette
pollution atteint parfois des pics, mais surtout s'installe
durablement à certaines périodes de l'année et est devenue un
enjeu important de santé publique.
Il
serait souhaitable :
-
de boucler réellement ce réseau cyclable sur l'agglomération par
des axes protégés et la mise en place généralisée des
double-sens cyclables à Lyon, Villeurbanne et d'autres communes
voisines telles que Bron, Caluire, Tassin, Oullins, Vénissieux,
St-Fons,...
-
de tranquilliser la zone 30 de Lyon avec notamment la création de
zones de rencontres sur les places de la Presqu'île (Jacobins,
Carnot, Terreaux, ...),
-
de créer d'autres zones de rencontres ou zones 30 sur
Villeurbanne, Oullins, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, ... dans les
centres-villes, aux abords des écoles, des gares ou des espaces
accueillant un public important (salles des fêtes, salles de
concerts comme le Toboggan à Décines, le Radiant à Caluire, le
Luminier à Chassieu, la salle Gérard Philippe à Vénissieux,...),
-
d'empêcher systématiquement le stationnement sauvage ou abusif
par la police du stationnement, des aménagements cohérents, ...
La
qualité de vie d'une cité, la cohésion sociale ne se décrètent
pas et l'ambition internationale de notre agglomération ne se
mesure pas seulement à ses grands projets, ses grandes
infrastructures, elles sont aussi le fruit d'un travail au
quotidien de fourmis et d'une volonté publique d'y faire
participer tous les acteurs de la cité, même les plus vulnérables.
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