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Modification du PLU de Décines-Charpieu à propos du Grand Stade Version imprimable

Objet : Enquête publique Plan local d’urbanisme Décines-Charpieu ; révision 1
Contribution de la coordination d’associations DARLY



Définition :
 Le projet  en révision (Arrêté N° 2008-04-15-R-0102 de la Communauté urbaine de Lyon) concerne la réalisation d’un équipement sportif d’agglomération et de diverses activités d’accompagnement liées à l’entraînement, au tertiaire et à l’hôtellerie, ainsi qu’aux aspects fonctionnels nécessaires à cet ensemble.

Préambule
Il y a dans cette enquête un piège : elle ne porte que sur un changement apparemment mineur du zonage au PLU, dans une zone urbanisable. Or, beaucoup de dépositions, comme celle de DARLY d’ailleurs, vont porter sur " la pertinence du Grand stade ", et non sur le changement de zonage.
Il s'agit donc de signaler en préambule qu'on ne peut juger du changement de zonage sans aborder le projet qui impose ce changement, le grand stade, qui est un projet privé.

Infrastructures routières :
Ce projet nécessite des aménagements routiers importants et coûteux dont l’Ex-LY-6, objet d’un "Cahier des clauses techniques particulières" contraignant qui « devra prendre en compte les éléments issus des études en cours et notamment la fonction de desserte V.P. & T.C. du futur équipement depuis le site d’Eurexpo. … Toutefois, et afin de respecter le PDU, cette voie nouvelle ne devra pas constituer le maillon d’une nouvelle pénétrante pour les VP vers le centre de l’Agglomération Lyonnaise et la route de Genas. » On crée donc une voirie permettant aux Lyonnais de se rendre en VP vers le Grand Stade, mais qui ne doit pas être une pénétrante !...

Ce cahier demande aussi de « limiter l’impact du projet d’infrastructures sur la branche Nord du V-Vert qui constitue un espace naturel agricole. Ce projet de voirie devra être compatible avec la volonté des collectivités de maîtriser l’étalement urbain et de ne pas promouvoir un développement urbain sur ce secteur, notamment dans l’optique de préserver la nappe phréatique de l’Est Lyonnais. »
Mais l’étalement urbain primitif n’est-il pas le projet de Grand Stade lui-même  et ses diverses activités d’accompagnement? N’est-on pas en pleine contradiction ?

L’article 3 du PLU soumis à enquête publique précise que le projet doit « garantir une fluidité de la circulation automobile ».
Le compte-rendu du 14 décembre 2007 de la "Direction Prospective et Stratégie d’Agglomération" fait état de 17 400 places de stationnement nécessaires, soit 17 400 VP se répartissant sur les 3 parkings  de ZI Meyzieu, Eurexpo, et Grand stade. Ces VP vont s’ajouter à la circulation habituelle sur les voiries existantes convergeant vers ces parkings, celui d’Eurexpo nécessitant par ailleurs la construction de la voirie LY6 vers la Rocade Est qui donnera accès à une entrée sud et qui nécessitera une autre enquête publique .
LY6 au Sud, entre Eurexpo et l’entrée sud d’OL Land et la D517 au Nord, desservant l’entrée Nord d’OL Land ainsi que le parking de Meyzieu ZI seraient donc sensées absorber la totalité du trafic. 
Or, des voiries de ce type, (genre quai Charles de Gaulle à Lyon) sont capables de 1200 véhicules/heure par sens. Il faudrait donc plus de 4 heures, sans tenir compte de la circulation existante hors Grand Stade, pour écouler un tel trafic !...Nous sommes devant une impossibilité majeure !
Par ailleurs, comment savoir vers quel parking non saturé il faut aller ? Il y a un risque de circulation parasite à la recherche d’un parking non saturé !

Ajoutons à cela qu’il faudrait modifier 2 échangeurs de la rocade Est, ce que l’Etat refuse de prendre en charge, et qu’il n’est pas question de passer la rocade est à 2X3 voies.


Dominique Bussereau, Secrétaire d’État chargé des transports, a déclaré :
« Dans l’hypothèse où le projet se réaliserait, l’État sera vigilant à ce que les conditions de circulation sur le réseau routier national - tout particulièrement sur la rocade est déjà fortement chargée - ne soient pas dégradées. En tout état de cause, aucune augmentation de capacité de la rocade est n’est envisagée. Les études concernent également des projets d’adaptation de deux échangeurs existants entre la voirie locale et la rocade est. Le rôle des services de l’État est de veiller à la conformité de ces projets avec les normes requises pour assurer la sécurité et la fluidité du trafic. La réalisation éventuelle de ces travaux ayant pour origine un projet privé, aucune participation financière de l’État, qui n’a d’ailleurs pas été sollicité, n’est prévue. Pour autant, nous sommes prêts à travailler avec vous au suivi de ce dossier, dans un souci de cohérence territoriale et d’aménagement du territoire. »

Transports collectifs & Modes doux:
Le même document de la "Direction Prospective et Stratégie d’Agglomération" nous montre que 6000 personnes pourront être prises en charge par LEA sur la ligne T3, en 2 heures, avec des tramways toutes les 4 minutes. Mais ce compte-rendu ne tient pas compte de la fréquentation hors grand stade ; or , à l’aller, cela coïncide avec l’heure de pointe du soir. Par ailleurs, une telle fréquence est-elle compatible avec le service de Leslys vers l’aéroport ?A titre de comparaison, voici les éléments de desserte du stade de France (80 000 places) :« Bien que situé au carrefour des autoroutes A1 et A86, il est déconseillé de s'y rendre en voiture, sauf à disposer d'un parking réservé, le stade ayant été construit avec un nombre de places de stationnement très réduit.
Transports en commun :
•    RER B, par la station La Plaine - Stade de France
•    RER D, par la station de Stade de France - Saint-Denis
•    Métro Ligne 13, par la station Saint-Denis - Porte de Paris
•    253, par la station Delaunay-Rimet
•    Pour les grands matchs, des navettes fluviales sont assurées par le Canal Saint-Denis »
La desserte du Grand Stade n’est budgétisé dans aucun document :

Dans le débat d’orientation budgétaire du Sytral, exercice 2007, la programmation pluriannuelle des investissements pour le plan de mandat de la période 2007-2013 ne prévoit pas de prolongation de la ligne de tramway T2 vers Eurexpo.

Dans le projet REAL (Réseau Express de l’Aire métropolitaine de Lyon)
< http://www.entreprendre.grandlyon.com/fileadmin/user_upload/pdf/fr/transports/GL_real_presentation_grandscomptes.pdf >,
rien n’est prévu non plus pour la desserte , ni d’Eurexpo, ni du Grand Stade.

De même, dans le PDU  révisé et approuvé de juin 2005, rien n’est programmé pour ces dessertes. 

La ligne forte la plus proche prévue pour le prochain PDU, mais non encore budgétisée, est la ligne A8 mais elle passe au plus près à 4km du Grand stade !
Ces dessertes ne pourront par ailleurs pas être toutes opérationnelles lors de l’ouverture du stade.

Nous aimerions aussi voir les VIP prendre les transports collectifs ; cela montrerait que la métropole lyonnaise a des transports « en communauté » digne de ce nom ! 

Enfin la desserte par voies cyclables et le problème des handicapés ne sont pas abordés.


 
Financement :
Tant pour les infrastructures routières que pour les transports collectifs, aucun financement n’est prévu à ce jour. Il est regrettable que l’enquête publique n’aborde pas cet aspect primordial.Interrogé mardi 10 juin à l'Assemblée nationale par le député du Rhône Philippe Meunier (UMP), le ministre des Transports Dominique Bussereau a indiqué «qu'aucune participation financière de l'État» n'était prévue dans le cadre des aménagements routiers autour du stade, notamment sur la rocade Est. «Il va de soi que pour la desserte d'un équipement d'une telle ampleur, ce sont d'abord les transports collectifs qui doivent être privilégiés. Ne répétons pas les erreurs du passé en plaquant un projet sur la réalité d’un territoire sans en mesurer tous les impacts !», a précisé le ministre.
« L'opinion des gens interrogés n'a pas été sondée sur le coût élevé des travaux très importants, nécessaires pour l'accès des spectateurs à ce complexe privé et qui seront à la charge des collectivités publiques. Ils sont estimés à 500 millions d'euros pour le développement des transports en commun et les voiries. »  (Les Echos ; janvier 2008)
Le détail de l´investissement public serait, selon l´étude menée pour la commission des partenaires :
► 32 à 35 millions d´euros pour le SYTRAL (uniquement pour les rames supplémentaires de la ligne T3 et la nouvelle station OL Land, mais non compris l’achat de bus articulés pour la desserte à partir des parkings Eurexpo et Meyzieu Z.I. et surtout non compris une bretelle de la ligne T2 vers Eurexpo.)
► 33 millions d'euro pour le Conseil général dont 10 millions pour le Boulevard Urbain Est et 18 millions pour le contournement de Pusignan d´ores et déjà financés.
► 24 à 30 millions seraient à la charge de l´Etat pour la réalisation de deux ronds-points sur la Rocade
► 63 à 82 millions au Grand Lyon dont 15 millions pour le Boulevard Urbain Est
«Nous n'avons pas de réponse sur le coût supporté par la collectivité mais les travaux de voiries qui accompagneront ce projet bénéficieront à l'ensemble du secteur et certains auraient été faits, même si le projet n'avait pas été prévu», avait assuré Gérard Collomb en février 2007.

Et le Conseil Général du Rhône, qui pourrait être mis à contribution, prévient déjà par la voix de son président Michel Mercier : “Ce projet de stade appartient au domaine privé, il est hors de question pour le Conseil Général de payer une bretelle, une route ou une déviation.”

Le débat d’orientation budgétaire du SYTRAL, dans sa programmation pluriannuelle des investissements, couvrant la période 2007-2016, ne comprend aucune ligne forte dans l’Est lyonnais, même pas la ligne périphérique A8 pourtant inscrite au premier PDU de 1997 !

La ville de Lyon sera privée de la redevance d’occupation du stade de Gerland payée par l’OL pour un montant annuel de 800.000 €.

L’agglomération paie déjà le prix fort du projet pour la révision du PLU, en frais d’études, par la mobilisation de ses services techniques, la participation au comité de pilotage, les frais des enquêtes publiques, ce au profit exclusif de l’Olympique Lyonnais.

Mais le stade et ses aménagements (espace commercial de 24000 m2, des restaurants, un espace de bien être, un parc de loisirs, une piste de karting…) ne constituent pas un aménagement d’intérêt public et seules les manifestations et activités rémunératrices y seront acceptées pour assurer la rentabilité de l’opération.

Loin de l’intérêt général, le futur stade serait une occasion pour la holding OL de capter à son profit les investissements publics et les retombées commerciales.

Enfin, tous ces aménagements de dessertes capteraient des fonds publics qui seraient plus opportunément investis pour l’amélioration des déplacements quotidiens des habitants de la Métropole lyonnaise.

Alternative :
Le stade de Gerland a été rénové, il y a 10 ans, à l’occasion de la Coupe du Monde de Football.Il est conforme aux normes édictées par la FIFA.
Il n’y a quasiment jamais de match à "guichets fermés", et ce bien que plus du quart des places soient achetées par les collectivités publiques, donc payées par nos impôts.

Ce stade reçoit 35 000 personnes en moyenne depuis 5 ans.
Cette saison, alors que l’OL a fait "le doublé", la moyenne de fréquentation a baissé à Gerland.

Avec l’inflation des loyers, le pouvoir d’achat en baisse à cause de l’augmentation des carburants et autres produits de première nécessité, de plus en plus de gens se plaignent du prix de l’abonnement et craignent une augmentation du prix des places avec la mise en service de l’OL Land.

La crainte est aussi dans l’allongement des temps et l’augmentation des coûts de déplacement.
Sachant que des études préliminaires ont confirmé que Gerland était extensible jusqu’à 50 à 54 000 places, tout en respectant  le secteur des arches classé monument historique, et que bientôt la prolongation de la ligne T1 arrivera à Debourg, beaucoup préfèreraient cette solution.

Rappelons aussi que la ligne forte A7, déjà prévue au PDU de 1997, doit elle aussi desservir le stade de Gerland.

Signalons enfin que de nombreux spectateurs s’exprimant dans les "blogs" des supporters font état de leur attachement nostalgique  à Gerland.

Tout se conjugue donc en faveur de Gerland qui est une solution plus économique, plus écologique et plus pertinente.


Aspect environnemental :
Le document PLU Décines Charpieu, révision 1, soumis à enquête publique, attire notre attention :Il s’agit d’ « un espace paysager sensible à la jonction de grandes composantes naturelles et écologiques de l’Est de l’agglomération…Le site du Montout offre aussi une forte sensibilité environnementale… couloir fluvio-glaciaire de l’Est lyonnais…grande vulnérabilité de la nappe…risque de ruissellement des eaux pluviales ».
Parler de sa compatibilité avec le SDAL de 1992, c’est ne pas prendre en compte l’évolution climatique depuis 15 ans, qui accentue les périodes de sécheresse et les risques d’inondation. Les artificialisations et les imperméabilisations du sol sont déjà visibles, les ruisseaux Rize et Bletta étant en voie d’assèchement.

Voir à ce sujet le document de l’Institut Français de L’Environnement (IFEN), lien ci-dessous :
< http://www.ifen.fr/uploads/media/fiche__sols.pdf >

Le document de consultation n’aborde pas les problèmes de bruit, de pollution, de respect du Plan de Protection de l’Atmosphère, problèmes déjà si cruciaux dans ce secteur traversé par le contournement Est et proche de l’aéroport.

Cette implantation nécessitant les trois quart des déplacements en VP va à l’encontre du Développement Durable, de la Loi de programme N° 2005-781 et du respect du facteur 4 pour éviter l’amplification du Changement Climatique.

Ce projet ne prend pas en compte non plus l’augmentation du prix des carburants due à la raréfaction des produits fossiles.




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OL-Land1

Photo extraite de : < http://www.ferro-lyon.net/_editos/83-9990Decines-moi-un-stade > 

Conclusion :
Pour toutes les raisons exposées dans les pages précédentes, la coordination d’associations DARLY affirme que cette modification du Plan Local d’Urbanisme, entreprise exclusivement pour le projet privé de grand Stade, n’est pas une opération d’intérêt général conforme aux exigences de Développement Durable et que des alternatives doivent être étudiées et proposées, telle, entre autres, l’agrandissement du stade de Gerland.


                            Pour DARLY
                            son Président
                            Bernard THIERRY
 
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