1-Une question brûlante mais cruciale…Dans le domaine des déplacements urbains, le stationnement est de loin le sujet qui continue à susciter les réactions les plus passionnelles. Il est difficile d'oublier 40 ans de main mise de la voiture sur la ville, et de stationner ainsi " où je veux et gratuitement ". La voiture occupe environ 80 % de l'espace public, pour moins de 50 % des déplacements.
Pourtant, le stationnement a été clairement intégré aux PDU, et il est annoncé que l'espace urbain rare doit être partagé…La maîtrise du stationnement apparaît cruciale sur de nombreux plans :
- limiter l'usage de la voiture en ville, là où des solutions alternatives sont en place,
- permettre le développement des modes doux,
- améliorer le cadre de vie de ceux qui habitent dans la ville dense.
La possibilité de stationner est le facteur premier de choix de l'usage
de la voiture, même en présence de transports publics performants. Le
PDU entend dissuader le stationnement pendulaire, et privilégier les
stationnements résidents et pour achats, loisirs… Ce choix demandera
pour DARLY à être modulé dans le futur.
Sur Lyon, on estime à 100 000 le nombre de places de stationnement sur
voirie, 21 000 en parcs publics. Le nombre de places privées de
stationnement est inconnu…
Les données sur le stationnement sont encore plus mal connues sur le
reste de l'agglomération. C'est dire si on est loin de pouvoir avoir une
approche globale et maîtrisée du sujet !
2-Une gestion longtemps chaotique.
21-Sur voirie.
La surveillance du stationnement payant a
longtemps eu une place marginale. C'était une des missions parmi
d'autres de la police municipale. On était arrivé en 2001-2002 à une
anarchie totale. On en est à peine sorti, malgré la création en 2003
d'une unité spéciale. Une voiture sur deux est en infraction ! Que ne
dirait-t-on pas si c'était le cas des usagers TCL ?
La différentiation des types de stationnement est récente, avec le
développement de la vignette résident. Avant, on parlait de voitures
ventouse ! Le stationnement résident est interdit sur certains axes.
Le stationnement payant est resté longtemps très limité. En 2005, il a
été étendu de 12 000 à 20 000 places. C'est la " révolte " notamment à
la Croix Rousse, alimentée par tous les arguments populistes. Plus
personne ne voudrait revenir à la situation antérieure…
L'amende à 11€ couplée à un contrôle faible est très peu dissuasive. Il
faudrait avant tout la dépénaliser et confier sa gestion aux
collectivités locales ( mesures législatives )
Il y a 4 zones différentes de tarification ( presto, chrono, tempo,
nocturne ). C'est compliqué pour la capacité de contrôle en place, et
trop déséquilibré en répartition :
-
presto et chrono maxi 1 h 30, 4000 places, ce n'est même pas
l'hypercentre !
-
tempo maxi 3 h , 17000 places.
Pour DARLY, l'espace public rare et ayant de multiples fonctions, ne
peut être confisqué gratuitement par la voiture. Le stationnement payant
devrait être la règle.
22-En parcs publics.Il est dominé par LPA, émanation des
collectivités locales. On peut penser que c'est un outil privilégié pour
appliquer les politiques publiques et innover. La gestion des parcs
Vinci est plus opaque.
L'homogénéité des tarifications LPA est récente. De même la prise en
compte du PDU : faciliter les abonnements résidents, limiter les
abonnements pendulaires. Les tarifs horaires sont légèrement inférieurs
aux tarifs voirie.
Une nouvelle extension des parcs a porté leur capacité à 21 000 places.
Ils ne se sont pas accompagnés de la baisse correspondante des places en
surface, sauf sur l'opération phare Berges du Rhône.
Le développement de ces parcs publics est combattu par certains, ils y
voient des "aspirateurs à voiture". DARLY a approuvé sous la
condition impérative qu'ils libèrent l'espace au moins correspondant en
surface. Dans ces parcs, l'automobiliste assume le coût total.
Il faut aussi relever le rôle intéressant des parcs LPA :
stationnement de motos ( impressionnant au Gros Caillou ), des voitures
d'Autolib…
3-Sur voirie, une nouvelle étape en 2010.
La municipalité lyonnaise a ouvert en juin 2009 avec " d'infinies
précautions " une nouvelle étape, avec une longue démarche de
concertation. On peut la comprendre…
Cette nouvelle étape comprend les dispositions suivantes :
Passer à 30 000 places payantes…mais les moyens de contrôle doivent
suivre.
Porter la verbalisation à 35€ pour une fraude grave supérieure à 2 h.
Créer un tarif pour certains professionnels, avec macaron spécial :
artisans (15000 ) et personnels de santé ( 2000 ).
La suppression de la deuxième vignette résident par famille, évoquée,
n'est pas retenue…Soit 3500 sur 23000. Relevons ce dernier chiffre : il y
a autant de vignettes résident demandées que de places de stationnement
payant ! Alors que l'on annonce que ce stationnement ne couvre en 2008
que 29 % des emplacements…Bizarre…
Le tarif résident passe de 14 à 16 € par mois. Il est de 64-88 € dans
les parcs LPA, de plus de 150 €/mois en parc privé. La collectivité est
bon enfant…
Les heures payantes sont étendues aux plages 12-14 h et 18-19 h.
Les mesures annoncées sur voirie vont dans le bon sens. DARLY les a
approuvées en avançant quelques adaptations :
on pourrait lier la suppression de la deuxième vignette à un abonnement
TCL à tarif réduit.
on pourrait expérimenter la spécialisation du stationnement selon les
axes : courte durée ou résident. Cela pourrait faciliter les contrôles.
DARLY a toutefois relevé que tout repose sur des moyens de contrôle
qui doivent non seulement suivre pais se renforcer !
Dommage que la suppression de la deuxième vignette ne soit pas
effective. On pourrait la relancer avec le développement d'Autolib.
4-En parcs, une relative baisse de fréquentation.
Des résultats 2008 montrent des inflexions significatives et
intéressantes :
les parcs de gares sont saturés.
les parcs anciens centraux paraissent voir un tassement de
fréquentation, sauf en soirée.
les parcs récents St Georges, Fosse aux Ours, Hôtel de ville
Villeurbanne, Gros Caillou, Morand n'ont pas le succès escompté.
les parcs très abondants de la Cité Internationale sont peu remplis.
Le parc Part Dieu est moins fréquenté alors que le chiffre d'affaire du
centre commercial augmente. Il y a manifestement une modification des
modes de déplacement.
Il est difficile de tirer déjà des conclusions de ces évolutions
récentes.
On peut cependant interpréter ainsi ces tendances : l'usage dans la
ville centrale de la voiture baisse, la pression sur le stationnement
diminue. Dans ces conditions, certains préfèrent rester sur voirie (
avec la fraude possible ) plutôt que d'utiliser les parcs publics à
paiement obligé…
Pour DARLY, il devient urgent de prendre clairement en compte la
suppression de places en surface.
5- Conclusions.On peut porter des regards différents sur cette situation…
Il est prudent d'évoluer ainsi par étape dans ce domaine si sensible.
Tout ceci ne transforme évidemment pas vite le cadre urbain, sauf
opération ponctuelle. La ville reste avant tout un parking généralisé.
La consommation d'espace par la voiture reste très excessive. Le cadre
de vie central reste médiocre. La zone 30 centrale est théorique…
Ces éléments sont basés essentiellement sur la les évolutions sur Lyon.
Ils devraient pouvoir s'appliquer aussi pour les autres centres de
l'agglomération.
Au total, la reconquête de la ville doit se poursuivre. D'autres moyens
vont sans doute y participer : développement de la voiture partagée, du
covoiturage, du vélo…des lignes de transports publics, des parcs relais
en périphérie…et le renchérissement inévitable du prix des énergies
fossiles.
Risquons une perspective : la ville centre pourrait vivre et
renforcer son attractivité avec seulement la moitié des voitures
actuelles. Vers 2020 ?
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